Présentation
Prises de vue et montage de deux plasticiens italiens sur le sujet des bornes de mémoire en Italie, durée 12 min 49 s
Un buisson de marguerites, un drapeau, deux girouettes, un cœur d’étoffe rouge, une petite moto.
Aux bords des routes, sur les trottoirs, accrochés aux arbres et aux panneaux de signalisation routière. Ils sont le souvenir, le témoignage de la douleur pour une mort soudaine dans un accident de la route.
Plus de quatre mille personnes meurent ainsi chaque année en Italie.
Celui qui a été arraché à la vie, était vivant ici pour la dernière fois, sur cette route. Le lieu de la mort devient plus important que celui de la sépulture. Et dans ce lieu les parents et les amis placent des objets qui ont pour eux la force et le pouvoir de la présence. Une présence qui envahit un lieu public et le transforme en espace sacré, par un geste qui tente d’élaborer un deuil que rien ne peut combler.
Nous avons filmé sur des routes que nous parcourons presque tous les jours, à Rome, près de Pomezia, sur la Via Nettunense. Les mémoriaux sont nombreux ; ils sont souvent placés dans des espaces de transition, des espaces ‘vides’ aux bords des routes sans protection, avec une bande d’herbe sale sur les côtés. Et dans cette bande que personne ne regarde, quelque chose nous oblige à voir.
Représentation, mémoire, mort, souvenir, sens de culpabilité, désarroi, impuissance, deuil, séparation, tout se concentre sur le lieu de l’accident.
Il y a ceux qui sont soignés avec assiduité, pleins de fleurs, d’objets, de textes, où le souvenir se renouvelle avec le temps. Et les autres – abandonnés, cassés – où il ne reste que des fleurs sèches et du plastique plein d’eau de pluie.
Un cespuglio di margherite, una bandiera, due girandole, un cuore di stoffa rossa, una piccola moto. Sul bordo della strada, sui marciapiedi, attaccati agli alberi e ai pali della segnaletica stradale. Sono il ricordo, il cordoglio per una morte improvvisa in un incidente stradale. Attualmente oltre quattromila persone all’anno muoiono in questo modo in Italia. Chi è stato strappato alla vita, è stato
vivo per l’ultima volta in quel punto, su quella strada. Il luogo della morte diventa così più importante del luogo di sepoltura. E in quel luogo i familiari e gli amici collocano oggetti che ai loro occhi hanno la forza e il potere della presenza. Una presenza che invade un luogo pubblico e lo trasforma in uno spazio sacro, con un gesto che tenta di elaborare un lutto che appare incolmabile.
Abbiamo filmato su strade che percorriamo quasi ogni giorno, a Roma, vicino Pomezia, sulla Via Nettunense. I memoriali sono tanti; spesso sono collocati in spazi di transizione, spazi ‘vuoti’ ai bordi di strade senza protezioni, con una striscia di erba sporca ai lati. E in quella striscia che nessuno guarda, qualcosa ci costringe a farsi vedere. Rappresentazione, memoria, morte, ricordo, senso di colpa, smarrimento, impotenza, lutto, separazione, tutto si concentra sul luogo dell’incidente. Ci sono quelli curati assiduamente, pieni di fiori, di oggetti, di scritte, dove il ricordo si rinnova nel tempo. Presso altri – abbandonati, rotti – restano solo fiori secchi e plastica piena di acqua piovana.

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